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jeudi 29 janvier 2015

LA SIMPLICITE VOLONTAIRE



Je ne saurais dire si c'est l'effet des années qui défilent mais j'ai plutôt l'impression que c'est un effet rétrospectif, soit un retour vers ce que je définissais auparavant comme prioritaires, quoiqu'il en soit, je ressens une vive soif de redéfinir mes priorités.

J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les personnes qui se contentent de peu et qui arrivent à être heureux sans souci des apparences avec le peu qu’ils ont choisi de vivre.  Dans une société où tout nous pousse à la consommation, ces êtres se font ma foi on ne peut plus rares.
Nous pensons et sommes sans doute les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour nous ou pas.  Or, ce que nous sélectionnons (consciemment ou pas) comme étant convenable, est-il au moins raisonnable?

Nous éprouvons tous des désirs, nous nourrissons en notre for intérieur des rêves, de l'ambition qui nous dirigent immanquablement vers les choses pour lesquelles nous éprouverons un certain plaisir.  Cependant, ces souhaits, projets, ont-ils vraiment fait l'objet d'une interrogation véritable quant à leur légitimité, leur raison d'être?

Me concernant, j'ai pu constater qu'au fil des années, je m'étais grandement éloignée de ce que j'avais autrefois nommé comme étant ESSENTIEL, en l'occurrence, le fait de me contenter de peu.
Pourtant, Dieu sait combien il m'est très facile de me débarrasser des choses.  J'ai la faculté de ne pas m'attacher aux choses matérielles.  Au cours de mes expatriations, je n'ai eu aucun mal à repartir de zéro, à tout quitter et à avoir pour seule relique de mon existence passée un bagage de 23 kilos.  Non, je n'ai jamais fait suivre des colis, des boîtes contenant des objets divers, pour lesquels je me serais attaché et dont il m'était difficile de me séparer.

Chaque départ était pour moi synonyme de renouveau, d'un "On verra une fois sur place".  Je me retrouvais en salle d'embarquement le cœur léger et palpitant d'excitation à la seule pensée de l'aventure que représentait la nouvelle vie qui s'offrait à moi outremer.

Cependant, une fois que je m'étais "installée" en métropole au cours de ces cinq dernières années, peut-être la lassitude de devoir me contenter du statut quelque peu et malgré moi routinier de mon nouveau train de vie, j'avais vite éprouvé le besoin de m'entourer d'objets divers.
Les excuses que je me trouvais s'étalaient en une liste exhaustive: besoin de créer mon petit cocon afin de m'y sentir chez moi, je n'avais pas l'intention de partir d'aussitôt puisque je travaillais et m'étais plongé dans un quotidien plus que soporifique, apathique et pesant.

Puis un jour, une séparation et à nouveau l'urgence de tout quitter s'offrait à mes yeux et même si je n'ai pris que quelques dizaines de kilomètres de distance, j'ai à nouveau dû tout recommencer.   Nouvelle relation, dit nouveaux besoins sauf que là je savais déjà ce que je voulais ou plutôt ce que je ne voulais pas: M’ENTOURER DE CHOSES INUTILES. Cette fichue manie de collectionner des choses et d’en tirer une certaine autosatisfaction que je juge avec du recul comme malsaine et déplacée.

Aujourd'hui, même si mon appart' détient quelques souvenirs de ce passé et hormis le stricte minimum nous garantissant un certain confort « physique », je n'investis plus dans des choses.  Je juge désormais bon de me tenir prête à devoir faire mes cartons (somme toute sommaires) à tout moment et de changer de domicile, de pays dès qu’il le faudra.....

Moi qui autrefois méprisais les meubles en kit car tombant trop dans le "tout le monde a cela chez eux" et puis 't'as-vu la qualité laisse parfois à désirer", c'est désormais sans appréhension que je me dirige vers la chaîne suédoise.

Plusieurs raisons ont motivé cet état d'esprit: gaspillage, volonté de passer au vert, de prendre soin de notre santé en investissant sur des produits plus sains, privilégier des moments uniques et indélébiles au profit de vêtements et autres accessoires de marque.

Alors qu'auparavant j'aurais bavé devant des semelles rouges, du maquillage de luxe et des fringues de la dernière mode, aujourd'hui mon Dieu que c'est loin derrière moi tout cela.

Contrairement à beaucoup de personnes qui désirent s’installer dans un endroit précis, acheter une maison afin de s’y « sentir en sécurité », il n’y a rien qui m’effraie et qui m’ennuie le plus que de devoir stagner ou à l’idée que je végèterai toute ma vie en un seul lieu.

PUIS LE DECLIC.  Lorsque l'on a ou l'on projette d'avoir des enfants, nous sommes forcement conduits à revoir nos priorités.  Or, en ce qui me concerne, ce n'est pas vraiment là où je me distingue mais cela surgit plutôt d'une interrogation sur le sens de la vie et des valeurs que je souhaiterai transmettre à mes enfants.   Est-ce que je désire qu'ils grandissent en pensant que les gens sont dignes d'intérêt parce qu'ils sont habillés de telle ou telle manière, donc est-ce que l'apparence physique serait un critère sélectif dans le choix de leurs relations?  Prendraient-ils pour acquis le fait qu'ils n'auront à manquer de rien matériellement? Faut-il être vu afin de donner sens à son existence? Quelle place aux émotions sincères, au sentiment de compassion, de bienveillance à l'égard des autres?
La valeur de la vie se mesurerait-elle à ce que nous possédons?

Toutes ces questions surgissent dans mon esprit à l'aube de ma maternité et les réponses se dessinent et n'en sont que plus flagrantes.

J'ai tant accumulé durant les dernières années, pourtant sachant pertinemment que cela ne faisait que combler un sentiment de frustration, le besoin de combler un certain vide, voire un certain manque éprouvé dans le passé, désir de paraître, etc.,  mais cela ne m'a pas pour autant altéré, freiné. J'ai tellement accumulé que maintenant que je sais que ma joie ne réside pas dans ces choses, je me retrouve un peu perdue, voire stupide devant toutes ces choses.  Et je me dis "Pourquoi?", "Pourquoi tous ces vêtements dont la plupart je n'ai porté qu'une ou deux fois ? », « Pourquoi toutes ces paires de chaussures jamais portées et inutiles? », "Pourquoi tout ce maquillage que je ne porte et ne porterai jamais?". POURQUOI?????

Une seule solution: Donner! Faire des paquets, distribuer.  Nul besoin d'entasser.  J'épure, je tri, je jette et je ne conserve que l'essentiel.

L'ESSENTIEL.  Ce désir a fait que je me suis récemment tournée vers un concept - LA SIMPLICITE VOLONTAIRE.  Comme son nom l'indique, elle consiste en un acte non contraint par un tiers ou même par l'Etat afin de vivre le plus simplement possible.  Chaque objet a sa raison d'être à la maison et pour ce qui est du reste, DONNER.

Pour plus d'informations sur ce mode de vie, je vous conseille quelques clics sur la toile qui sauront vous informer mieux que moi....

L'essentiel de ce mode de vie réside principalement dans les faits suivants:

-  Ne pas gaspiller (la nourriture, les énergies, etc.)
- Ne cuisiner que ce qui est nécessaire et sain
- Ne pas agresser la planète par des produits toxiques
- Mesurer la répercussion d'une consommation excessive sur les autres
- Une pleine conscience des enjeux politiques et économiques quant à une surproduction

Bref, le mot d'ordre est de privilégier la qualité (tout en s'étant interrogé sur sa nécessité) au profit de la quantité.

Et vous, prêts à choisir la simplicité?





samedi 24 janvier 2015

SUFFIT-IL D'ETRE HEUREUX?


Nous avons tous eu à un moment de notre vie la réflexion suivante:

"Et puis, l'important c'est d'être heureux...."

Petite phrase lancée dans le néant mais qui me donne matière à réflexion.  

Etre heureux, le bonheur, nous courrons tous après lui.  Nous courons tellement qu'au final nous oublions souvent de vivre.  Nous entendons souvent divers avis là-dessus. 
"Le bonheur c'est le chemin", "Le bonheur cela se mérite", "Si je fais le bien autour de moi, le bonheur s'offrira à moi un beau jour", et celui qui me fait toujours frissonner, "Tu le mérites".
Ma question est la suivante: "Qui ne mérite pas le bonheur?"
L'on me répondra surement: "Celui qui fait le mal autour de lui?"
Et si celui-là aussi méritait le bonheur?  Peut-être que s'il en était conscient, ne ferait-il pas moins de mal?  Peut-être, ou peut-être pas.......

L'homme est-il fait pour se contenter d'être heureux seulement?

Emmanuel Kant, grand philosophe du 18ème siècle nous dira catégoriquement que "Non".  
A travers son fameux impératif, il nous recommande qu'il nous faut nous en rendre dignes mais que ce dont nous devons viser c'est avant tout notre perfectionnement, le complet aboutissement de toutes nos dispositions naturelles, le développement complet de nos facultés.  
Pour lui, viser le bonheur seulement serait grossier et immoral car c'est dire que tout ce qui importe pour l'homme serait la vulgaire satisfaction de ses inclinations sensibles, de ses désirs, de ses tendances personnelles.  
Or, l'homme peut faire bien plus que cela.  Il doit avoir une visée téléologique.  Il n'est certes pas contre le bonheur mais il est convaincu que ce n'est pas la finalité de l'homme, ce n'est pas le plan de la nature pour lui.

J'ai souvent vu en guise de réactions à la violence, à la misère du monde, les réflexions suivantes:
"Du moment que nous menons une vie bonne et que nous sommes heureux, le reste a peu d'importance."

La vie consisterait-elle donc à simplement aimer nos proches, notre compagnon, nos enfants, nos quelques amis, de satisfaire nos besoins, à accomplir quelques bonnes actions ça et là - histoire de nous donner bonne conscience et dormir paisiblement avec le sentiment du devoir accompli?

La vie consisterait-elle aussi à faire ce que bon me semble?  Quelle place à la remise en question, au dépassement du pur instinct?  

Ainsi, le rapport à autrui se limiterait-il au simple fait ne de pas lui faire du mal ? La non-nuisance aux autres serait-elle le seul cadre à travers lequel se déploierait la relation avec un autre que moi-même?

Si je me pose la question, c'est parce que je suis convaincue que "Non"!! CELA NE SUFFIT PAS!

J'ai besoin d'honnêteté, je ne peux me contenter d'avoir tout ce dont j'ai besoin, d'être aimée par ma famille et mes amis.  Je suis convaincue que je peux faire bien plus, que je suis faite pour bien plus.   Je ne peux pas m'arrêter au simple "Du moment que l'on est heureux"!!!  




vendredi 23 janvier 2015

LE VOYAGE


En croquant dans ma tartine toastée et beurrée ce matin (comme tous les matins), je me remémore la conversation que j'ai eue la nuit dernière avec petit chat avant que nous nous laissions transporter dans les bras de Morphée.
Il m'avait scandé un "Tu choisis" à ma question "Où partons-nous en vacances cette année?"
Le choix est vaste, restons-nous en Europe (ma destination de prédilection), partons-nous pour une île ensoleillée pour se prélasser sur un transat au sein d'un hôtel cinq étoiles,  ou plutôt à la découverte de l'Asie (une destination qui semble être une vraie aventure en ce qui me concerne, moi qui déteste la pollution massive qui règne dans beaucoup de ces pays), ou pourquoi pas l'Amérique latine (les Etats-Unis  sont malheureusement relayés en dernier sur ma Travel List et au risque de m'attirer la foudre, c'est une destination qui ne m'attire absolument pas, bizarrement New York, Hollywood, Las Vegas sont loin de m'enchanter).

Toutes ces questions m'ont amenées à me poser la question du:
Que recherches-tu réellement dans le voyage?  Qu'attends-tu d'un voyage?
Forcément, la question de ma relation avec le sens du voyage n'en est plus qu'évidente. 

Vivant en Europe depuis quelques années maintenant, j'ai pris goût à découvrir ce vieux continent, si riche en Histoire et tellement de jolis endroits à découvrir, rien qu’en France qui à mon sens est un des plus beaux pays au monde pour le peu que j’ai pu voir. 
Or, depuis quelques temps, lorsqu'il est question de choisir une prochaine destination, je stagne, un peu lassée des mêmes images que prennent mes camarades lors de leurs voyages. J'ai l'impression qu'ils font tous la même chose et je me dis "sans même avoir été dans ces lieux, il semblerait que je commence à connaître les lieux qu’ils visitent par cœur » -  fait auquel je donne l'explication suivante: nous sommes tous programmés comme des automates à suivre les recommandations des autres.

Oui nous connaissons bien le "quand tu vas à Paris, tu peux faire ceci et cela", ou encore, nous avons une fâcheuse tendance à suivre les recommandations des guides touristiques.  Mais sommes-nous conscients ce que traduisent en réalité l'usage de ces guides? La réponse s'impose à moi: il sous-entend que quelqu'un d'autre a vécu l'aventure avant moi et me propose des conseils afin que je puisse vivre la même aventure que lui. Dans ce cas est-ce vraiment une aventure pour moi puisqu’elle n’est plus vraiment mienne ?

Ne suis-je pas au final qu'un simple touriste (que je distingue du vrai voyageur, du vrai baroudeur -celui qui part avec peu d'argent, avec pour seul compagnon son sac-à-dos et ses chaussures de randonnée et qui part pour longtemps se mêler aux peuples jamais rencontrés auparavant)?

Le touriste lui, se contente de s'acheter un billet, voire plusieurs billets après avoir travaillé comme un forçat durant toute une année, s'être privé de bien de choses au quotidien et après y avoir mis toutes ses économies.  
Il a déjà réfléchi au périple qu'il va entreprendre.  
Il s'informe au préalable auprès de ses proches, de ses amis qui ont déjà tenté l'expérience avant lui afin de récolter ça et là quelques bribes de conseils, de choses à faire, à ne pas faire, de sites à explorer, d'idées shopping, et cetera, et cetera...
Après avoir pris l'avion, il se dirige directement vers son hôtel qu'il aura réservé auparavant - s'assurant d'avoir choisi un bel hôtel, pas trop couteux quand même, convaincu d'avoir fait une bonne affaire.  Puis, une fois s'être "acclimaté" pendant quelques heures avec le lieu et ses environs, voilà que commence pour lui « l'aventure ».  
Il consulte un nombre incalculable de fascicules qui lui suggèrent d'aller voir tel ou tel musée, tel marché, tel site historique, de se sustenter à tel ou tel restaurant, pourquoi pas le « city sightseeing ». Il suivra ce rythme effréné tout au long de ses vacances, puis au bout de quelques jours (généralement pas plus d'une semaine), il rentrera chez lui, content de ces quelques jours qu'il s'est octroyé au terme de bien de sacrifices, fier de pouvoir enfin partager les deux mille photos en réserve sur son appareil photo, reliques de ces moments qui "resteront à jamais gravés dans sa mémoire", parole d'un homme heureux.

CONFIDENCE: j’ai toujours été cet être là!!
Et oui, hormis les deux expatriations que j'ai pu vivre et la troisième que je vis en ce moment même mais qui s’en doute n’en sera plus une, j'ai en réalité toujours voyagé en touriste.  Cette constatation a fait résonner en moi le glas, comme une vive sonnette d'alarme, un appel au changement, car non non non, je ne veux pour rien au monde être un automate, un programmé, je ne veux plus faire le touriste.
Je ne veux pas voir les gondoles à Venise, poser devant la garde suisse du Vatican, devant la tour de Pise, La Tour Eiffel ou la statue de la Liberté.  Je ne veux pas seulement voir, être un simple spectateur.

En effet, suffit-il de "voir" seulement pour voyager?  Suffit-il d'être à un endroit précis pour voyager? Puis-je dire que j'ai été dans un tel ou tel pays rien que pour y avoir mis les pieds et passé quelques heures?  
Se la couler douce sur une plage au sable doré appréciant le luxe d'un hôtel? Est-cela ma définition du voyage?  
NON, mais je la cherche toujours ma conception du voyage, elle s'enfuit à chaque fois que je m'approche d'elle.  Elle ne veut pas se dévoiler à moi, elle se trouve des excuses, elle me susurre à l'oreille des "Tu as toute la vie devant toi", "Tu n'auras pas assez d'argent", "Tu as désormais une famille, bientôt un bébé, pour toi, l'aventure c'est fini ou du moins pas pour tout-de-suite", "C'est dangereux", "C'est osé".  Bref, tout pour me faire reculer.

Toutes ces directives, questions, tous ces moments d'incertitudes sont en réalité très proches d'un ultime questionnement: Quel sens est-ce que je veux donner à ma vie?
Une chose est sure, ou plutôt un semblant de réponse à cette question semble s'être dessiné dans ma petite tête: Je veux me trouver ou me retrouver.  Je veux être!
Je veux que mes convictions soient ébranlées, je veux prendre des risques- non pas à la manière des personnes qui mettent leurs vies en danger de manière irréfléchie parce qu'en réalité ils s'ennuient - mais par là j'entends le risque où j'aurai peur de prendre telle décision car ce ne serait pas une situation à laquelle j'aurai déjà été confrontée.
Je veux rencontrer des personnes, aller dans des familles, voir et comprendre comment ils vivent au quotidien.   Je veux marcher, marcher de longues heures.  Je veux être dans la nature, voir des phénomènes naturels pas des sites touristiques.   Je veux sentir la buée des premières heures du matin se coller à ma peau, je veux tendre la langue et goûter les flocons de neiges, je veux goûter tout simplement puis ne pas aimer mais néanmoins goûter.   Je veux apprendre les us et coutumes et cela pas d'après le guide du Routard ou le Petit Futé mais au terme de belles rencontres humaines.    Je ne veux pas fréquenter les grands centres commerciaux à la recherche de bonnes affaires, souvent inutiles, ou autres souvenirs à ramener qui finiront sur mon bureau à accumuler la poussière au fil des années.   
Je veux me payer sur place des souvenirs que l’on ne ramène que dans son cœur.  Je ne veux pas être attablée dans un restaurant fort luxueux pour apprécier les mets traditionnels qui passés sous l'appellation gastronomiques ne s'accrochent pas longtemps à mon estomac.  Je veux m'arrêter sur le parvis d'une place grouillante de passants à me délecter d'une glace et rire à pleine gorge d'anecdotes futiles mais au final pas si futiles que cela.  
Tout cela semble poétique n'est-ce pas?  Mais c'est justement ce que je veux - ajouter de la poésie à ma vie, pas de l'automatisme.  Je ne suis pas un logiciel qui doit s'appliquer dans telle ou telle situation.  Je ne recherche pas d'exotisme, bien que je n’aie rien à lui reprocher mais je n’entends pas là ce que nous occidentaux recherchons lorsque nous allons à l'étranger. L'exotisme, erronément traduit par luxe hôtelier, spa, orchidée et encens.
Je suis faite de chair et d'os, d'émotions, de besoins.  Et le plus grand d'entre eux est certainement le besoin de VIVRE, sans faux-semblant, voir le monde avec des yeux d'enfant, cet enfant qui arrive à éprouver une joie profonde, sincère, authentique rien qu'avec un morceau de bois.  EXALTATION.

Le voyage est l'occasion pour moi de découvrir ma propre étrangeté, de me dépouiller de moi-même afin de mieux me connaître.  Le voyage c'est aussi aller à la quête du sens caché de la vie comme l'homme nomade. C'est tourner mon esprit vers des vérités intelligibles, celles que l'on ne nous conte pas dans le Routard qui satisferont indéniablement mon goût du luxe mais pas ma considération pour la nature humaine.
Le voyage c'est faire l'expérience de soi mais aussi l'expérience des autres.  Par conséquent, faire l'expérience de l'hospitalité qui ne pourra jamais être authentique et désintéressée si je me contente du sourire du maître d'hôtel et de la réceptionniste.  Voyager c'est aussi faire l'acquisition d'un savoir, pas forcément intellectuel.  Nous voyageons trop souvent comme des ignorants, ignorant même les us et coutumes des autochtones, ignorant par conséquent la relativité des mœurs.  Ce qui fait que nous voyons ce nouveau monde sans un regard neuf mais apportons avec nous tous les préjugés entassés et rouillés.  

Le voyage c'est aussi l'apprentissage d'une nouvelle langue.  Mon rapport à la langue change obligatoirement car je deviens comme cet enfant qui bègue, qui hésite, qui doute, qui trébuche mais qui y arrive néanmoins.  Je fais ainsi l'expérience d'un début.  Nous n'avons pas assez de débuts au sein de notre existence mais trop de continuités, trop de suites, nous voulons trop suivre, suivre les autres, suivre une ligne droite qui limite nos chances d'être heureux.

Je ne veux plus courir parce que j'aurai cette épée de Damoclès qui me suspendrait au dessus de la tête à cause de l'éventuelle échéance d'un trop court séjour souvent trop onéreux pour mon compte bancaire.  
Pour partir sans rien, il faut peu en effet matériellement mais il faut beaucoup de courage, de détermination mais il faut avant tout OSER.  Ce premier pas, personne ne le fera à ma place.  Mais ce premier pas est à l'origine de ce nœud que j'ai à l'estomac, c'est le vertige avant le possible. 

Nicolas BOUVIER, un des plus grands aventuriers qu'a connu notre siècle, disait dans son livre "L'usage du monde" la chose suivante:  

Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui même. On croit qu'on va faire un voyage mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait.

Mon questionnement doit surgir de là certainement, du fait que je ne veux pas de motif, je ne cherche rien en particulier, je ne veux avoir d'attentes, je veux juste faire l'expérience de l'existence, de mon existence, une fois confrontée à celles des autres.  Ça doit être un peu cela la définition (s'il y en a une) du voyage, la transformation qui s'opère en moi lorsque je suis ailleurs ne fait en réalité que me faire découvrir le vrai MOI.  Je pars dans l'espoir d'être changée, de voir du nouveau mais c'est pour mieux revenir à soi.  

De ce fait, ai-je besoin d'aller aussi loin géographiquement parlant, pour voyager ?
J’éprouve une vive admiration pour ces personnes qui, au détour de la prochaine ruelle sont capables de voyager.  Ainsi, chaque bâtiment, chaque faciès est décortiqué pour la fabrication d’un nouveau souvenir, un nouveau sentiment jaillit.

Le voyage c'est aussi l'imagination mise en mouvement, dans "Voyage au bout de la nuit", Céline disait:

Il suffit de fermer les yeux.

Je me prends à nouveau une claque car jusqu'à présent, comme le commun des mortels, j'avais ce besoin constant de prendre l'avion (que je déteste en fait) pour VOYAGER.  Etre dans un bus, un train, un avion, quelque soit le moyen de locomotion, ce n'est pas vraiment habiter un espace, je me transporte d'un endroit à un autre sans y être vraiment.  Or, j'éprouve désormais (les années et les rides s'accumulant sans doute) le besoin de m'arrêter là où les autres se laissent transporter. 

Ainsi, au moment où petit chat me dit "Soyons comme avant", je sentis comme un poids qui se déchargeait de mon épaule, car en effet le voyage ne devrait pas être une contrainte.  Ni dans sa préparation, ni dans son vécu, ni pour l'imagination.
Il doit tout simplement ETRE.
Son "Soyons comme avant", pour notre couple se traduisait par un "Soyons comme les enfants que nous avions été au début de notre relation", simples, frivoles, se laissant porter par une seule chose: l'AMOUR, les fous rires homériques, les chamallows engloutis au coin du feu tous deux emmitonnés dans une couverture alors que dehors il ne cessait de neiger.  La neige, la compagne de nos premiers jours ensemble, je veux la retrouver.  Nous étions en effet alors des enfants, dans nos cœurs et pourtant, nous n'avions jamais été aussi heureux qu'à ces instants, loin du monde mais pourtant à la fois si proches de lui.

Nous le sommes toujours, je veux dire- HEUREUX.  Mais nous avions connu en même temps, un autre état: celui où nous n'habitions pas encore ensemble, dans un endroit précis, dans notre maison.  Nous n'avions à l'époque aucun autre projet, tous ces projets, trop de projets.  Nous n'avions pas besoin de conditions pour être heureux, pas d'attente l'un envers l'autre, pas de conventions, de cadre stricte dans lequel devait se manifester nos sentiments.
Le seul projet que nous avions, était d'être HEUREUX et cela ENSEMBLE.   Maintenant que nous sommes ENSEMBLE, qu'avons-nous fait et que faisons-nous pour être HEUREUX?


Ne nous éloignons pas trop du monde petit chat, de celui que nous habitons, ne nous éloignons pas de nous car la seule chose que je désire c'est ce monde et NOUS.

lundi 19 janvier 2015

2015 OU LE MARATHON DE LA CULTURE

Voilà comment je me retrouve par un vendredi matin pluvieux (le soleil nous boude en ce moment) à parler culture. Arrivée beaucoup trop tôt pour un partiel, besoin de faire le point sur les nombreuses choses que je dois entreprendre et que je veux entreprendre durant cette année.  Une de mes premières résolutions en 2015 était de consacrer plus de temps à la culture, en l’occurrence, voir plus de films en salle, aller assister à des spectacles, voir des expositions culturelles, aller plus souvent à l'opéra, lire plus de livres et écrire plus souvent.  La question principale est la suivante: comment y arriver une fois que bébé sera là. En effet, si pour le moment j'ai du temps à consacrer à ce genre d'activités, bientôt, devoir jongler entre biberons, changements de couches, les ouins ouins du soir, les cours à la fac, l'entretien d'une maison, la cuisine, les révisions, les lectures philosophiques, à moins d'être wonder woman, la tâche sera plus que rude.  En grande optimiste, m'adonner aux choses que j'aime n'a jamais été équivalent à un défi à surmonter.  Je prends toujours beaucoup de plaisir à faire toutes les choses que je viens de mentionner et même si la fatigue et le manque de sommeil sont mes fidèles amis, je mets un point d'honneur à ne faire que des choses qui ne me paraissent pas comme une corvée.  J'ai horreur d'entendre des gens dire 'je n'ai plus le temps', 'tu sais quand tu as un bébé....'.  La vie en tant que parent n'est certes pas de tout repos mais je ne pense pas que nous devrions arrêter de poursuivre nos rêves pour autant. Entrer dans la routine boulot-maison-bébé est tout ce que je veux éviter.  J'ai vécu une grossesse où je me suis tout autorisé, aller à la fac, continuer mes activités, entretenir mon chez-moi, sans aucune grande difficulté hormis le déploiement d'efforts physiques considérables.  Puisque j'ai horreur de voir défiler les heures sans que rien ne se passe, sans que je ne fasse rien, j'ai comblé mon emploi du temps au maximum et cela jusqu'à la dernière minute. Si j'ai eu une grossesse active, je souhaite que ma vie de maman le soit encore plus. Je me console en me disant qu'une fois que j'aurais accouché, je serais physiquement plus apte à entreprendre beaucoup plus d'activités.



Du coup, afin de ne pas me retrouver à la fin de 2015 avec beaucoup de remords parce que je n'aurais pas utilisé mon temps à bon escient, je me suis fixée des objectifs chiffrés afin de combler mon temps au maximum (être crevée en me mettant au lit me donne toujours le sentiment du devoir accompli) et surtout prendre les devants et faire preuve d'imagination et d'organisation une fois que ptit chat sera là.  J'ai donc déjà ma petite idée sur la manière dont je m'organiserai mais je vous en dirais un peu plus une fois l'affaire mise en route car je ne peux mettre la charrue avant les bœufs.
Par ailleurs, je regardais sur Youtube la vidéo de 'Solange te parle', s'intitulant "Bouffer la culture" et elle m'a beaucoup inspiré dans le choix de mes objectifs. Bon, pour les sorties opéra-ciné-spectacle,  elles se feront sans doute plus rares mais j'ai fait une petite liste de films que l'on pourra voir tranquilles à la maison une fois devenus parents.

Donc mon objectif culturel pour 2015 (loisir à accomplir par mois):

- lire au moins 3 livres n'ayant pas attrait avec les études (dont un auteur que je ne connaissais pas auparavant)
- voir 4 films
-écrire au moins un article par semaine pour le blog
-faire au moins une sortie culturelle (visiter un musée, voir un expo, aller à l'opéra, un salon du livre, etc...)
-découvrir un nouvel artiste qui m'était jusqu'alors inconnu (que ce soit en arts plastiques, musique ou cinema)
-dès que le printemps sera là (à partir du mois d'avril), aller découvrir un village du sud-ouest jusqu'ici inexploré
-apprendre 10 nouveaux mots de la langue française

 Je compte bien sûr vous tenir informés au fur et à mesure que je mettrais en place ces 'mesures' et bien sûr, pourquoi ne pas s'échanger des idées afin de rendre cet aventure beaucoup plus attrayante.




vendredi 16 janvier 2015

EN 2015, JE VEUX.....

Cela fait déjà sept jours que je médite longuement sur mes "résolutions" 2015.  Qu'est-ce être résolu?  En ce qui me concerne, je parlerai de nouvelles directions que je compte donner à ma vie mais pas qu'en 2015.  J'aime les débuts- les débuts d'année, commencer un nouveau projet, commencer un nouveau livre, etcetera, etcetera.  J'attendais donc avec impatience ce début d'année comme une manière de me rebooster psychiquement et pouvoir mettre en marche les décisions que j'ai prises en vue d'améliorer mon quotidien.

Devenir maman m'a fait prendre conscience de beaucoup de choses, en l'occurence le besoin de me reposer physiquement, de prendre du temps pour moi, de ne pas laisser traîner des papiers et autres démarches administratives. Mais avant toute chose, j'apprends à me faire confiance , à être plus positive et à voir le monde avec de nouveaux yeux.  Depuis, je ne me suis jamais sentie aussi MOI (si cette expression revet un sens).  Je suis redevenue cette petite fille avec des rêves pleins la tête, cette adolescente sûre d'elle et qui rêvait de conquérir le monde.

Je m'étais beaucoup perdue durant les années qui ont suivi mon adolescence. Faire mon entrée dans le monde du travail et faire la rencontre d'adultes fonctionnant comme des automates m'a grandement égaré.  Je découvrais un nouveau monde, le votre peut être mais pas le mien, pas celui dont j'avais rêvé. Il est temps pour moi de vivre comme je l'ai toujours souhaité, en l'occurence, simplement, avec ma famille, sans souci des apparences.

J'ai des projets pleins la tête pour cette année, mais des projets qui peuvent parraître modestes pour les partisans de l'extravagance.

Je vous les conte modestement:

Laisser des livres me dévorer, parcourir le rayon de librairies et rentrer, chargée de lectures non-imposées par un cursus universitaire. Je ne prends pas le même plaisir, voire pas du tout plaisir à lire des livres que m'impose un tiers.  Lire les grands classiques de ma très chère littérature française. découvrir tout ce que l'on ne nous dit pas sur Shakespeare, m'aventurer dans du Tolstoi et du Dostoeivski. Lire la République de Platon, Le Prince de Machiavel, comprendre Nietzsche, me laisser tourmenter par Prévert, Aragon et Rimbaud.  Revenir à des précédentes lectures qui m'ont séduites, Charlotte Brontë, Jane Austen, Don Quichotte.

M'intéresser plus à l'Histoire, plus particulièrement celle de la deuxième guerre mondiale, qui m'attire particulièrement.

Ecrire, écrire et ne pas m'arrêter car c'est la seule chose qui maintient en vie avec l'Amour à mon sens.

Aimer, pas qu'un mais tout ce qui provoque le sentiment de charité, de compassion, d'amitié.

Faire une bannière personnalisée pour mon blog et le mettre régulièrement à jour.

M'intéresser à cette nouvelle passion que je me suis découverte qu'est la photographie.

Acheter des plantes, des fleurs plus régulièrement pour notre nid douillet.

Prendre le temps de prendre le thé et de savourer une discussion amicale.

Manger toujours plus de fruits et de légumes.

Patisser comme une grande.

Aller prendre l'air et me balader dans la nature et ne pas hésiter de me poser sur un banc pour apprécier la vue, pour apprécier l'instant.

Acheter les CD des musiciens qui me plaisent - Bach, Chopin et beaucoup d'autres.

Trouver un rangement pour la centaine de paires de chaussures qui longent le mur du couloir et dont je ne suis pas du tout fière. M'acheter que des baskets et des ballerines car au final je ne suis pas du tout une fille à talons, donc plus besoin de vouloir être comme les autres.

Acheter ou chiner une jolie bibliothèque pour la seule collection que je m'autoriserai désormais, soit les livres. 

Exercer ma mémoire à retenir plus de choses, mon numéro de téléphone par exemple, des citations qui m'auraient séduites.

Aller à la messe de temps en temps pas parce qu'il le faut mais parce que j'en ai besoin.

Découvrir les endroits pas loin de chez moi d'abord avant de vouloir à tout prix explorer d'autres continents (avoir un bébé vous y incite nécessairement et obligatoirement pour des raisons pratiques quoiqu'il en soit).

Ne surtout rien poster sur les réseaux sociaux lorsque je serais à l'étranger car les autres n'ont pas besoin d'être tenu informés à chaque fois que je bouge un doigt et qu'il n'y a aucune gloire à tirer du fait de pouvoir étaler notre capacité de nous payer des voyages. Seul compte comment un voyage vous transforme. Eprouver le besoin de l'afficher constamment prouve justement notre incapacité de nous laisser changer par ce voyage.  Je mets un point d'honneur à savourer chaque moment avec mes proches.  Le plaisir tiré n'en sera que meilleur ainsi que le partage a posteriori.

Acheter un aspirateur robot et un lave-vaisselle afin de passer plus de temps avec mon bébé. Vive la modernité!

Ne plus acheter de maquillage car de toute façon, au quotidien je n'en porte jamais.

Me faire masser plus régulièrement.

Finir la toque de produits de beauté dans ma salle de bain pour en revenir aux basiques et au bio.

Epurer ma garde-robe et n'acheter que ce dont j'ai besoin.

Faire plaisir plus souvent à ma famille.

Faire du sport après mon accouchement.

Profiter à fond de ma vie de maman et en tirer que le positif. Nuits blanches, cernes, je n'ai pas du tout peur de vous et surtout ce n'est pas la seule chose qu'une maman devrait professer de la maternité.

Voilà, en espérant que je pourrais en rayer plusieurs de ma liste en 2016.

Sur ce, une très bonne année à vous, prenez soin de vous, de votre santé et de vos proches car l'amour, il n'y a que ça de vrai!